La précarité menstruelle en France

Le 25 février dernier, l’Ecosse devenait le premier pays à adopter la gratuité des protections hygiéniques. Qu'en est-il de la France ?

 

Mains levées qui tiennent des protections hygiéniques


©katcass2020

Quelques chiffres

En France, un quart de la population a ses règles. Une femmes dépense entre 8000 et 23 000 euros en protections menstruelles au cours de sa vie…! L’association Règles Élémentaires estime à 1,7 million le nombre de femmes victimes de précarité menstruelle en France, c’est-à-dire des femmes pour qui s’acheter des protections hygiéniques représentent un lourd budget tous les mois. La précarité menstruelle en France touche principalement les femmes sans domicile fixe, les étudiantes et femmes en situation de précarité.

Face à la précarité menstruelle, certaines utilisent des moyens de protections non adaptés, comme des journaux par exemple, favorisant les risques d’infection. D’autres prolongent l’utilisation de protections hygiéniques au delà du temps conseillé, ce qui peut provoquer le syndrome du choc toxique. La précarité menstruelle peut avoir de graves conséquences sur la santé des femmes.


Quelles solutions pour lutter contre la précarité menstruelle ?

En 2016 le gouvernement français a baissé la taxe sur les protections hygiéniques à 5,5% alors fixées jusqu’à présent à hauteur de 20% comme les produits de luxe. Pourtant, selon plusieurs associations, l’abaissement de la TVA n’a pas eu beaucoup d’effet dans le porte-monnaie des françaises.

Trois ans plus tard, l’Etat semble vouloir aller plus loin : le député de la France Insoumise Bastien Lachaud a déposé une proposition de loi visant à assurer la gratuité des protections menstruelles et à garantir leur sécurité sanitaire. Le gouvernement a également proposé une stratégie de lutte contre la précarité menstruelle qui permettrait notamment de distribuer gratuitement des protections dans les écoles, hôpitaux et prisons. La sénatrice Patricia Schillinger a recommandé d’expérimenter la gratuité des protections périodiques dans les collèges et lycées à partir de septembre 2020.

Les associations, comme Règles Élémentaires, jouent aussi un rôle dans la lutte contre la précarité menstruelle. Notamment en collectant et en distribuant des protections hygiéniques aux femmes dans le besoin.

La précarité menstruelle est un sujet dont on ne parle pas suffisamment et qui est pourtant bien réel. Il nous semble ainsi essentiel de rappeler les mots de la député du parti travailliste écossais, Monica Lennon : “Les règles sont normales. L’accès gratuit aux tampons, serviettes et autres protections hygiéniques devrait être normal aussi”.